Entre la rigidité des formules, les concepts abstraits et le latin hérité des prétoires, le droit ressemble bien souvent à une citadelle imprenable pour le citoyen ordinaire. Pour briser ce mur d’incompréhension, le Réseau International des Femmes Avocates Côte d’Ivoire (RIFAV-CI) lance un projet numérique inédit : des vidéos courtes, pédagogiques et ancrées dans le quotidien des Ivoiriens.
ABIDJAN, CÔTE D’IVOIRE — C’est un constat lucide et sans détour que dresse Mᵉ Vanessa Bah-Leroux, présidente du RIFAV-CI : la justice parle une langue que trop peu de citoyens maîtrisent.
« Le droit, c’est très sérieux. Parfois tellement sérieux qu’on finit par ne plus rien comprendre. Or, un droit qu’on ne connaît pas est un droit qu’on exerce mal… ou pas du tout. »
Pour faire tomber ces barrières juridiques, l’organisation s’apprête à investir les réseaux sociaux et les plateformes numériques à travers des formats vidéo courts et percutants.
Fini le latin juridique, place à la « vraie vie »
L’initiative se veut décomplexée, moderne et résolument pragmatique. L’ambition n’est pas de délivrer un enseignement universitaire austère, mais d’apporter des réponses claires aux interrogations du quotidien :
- Litiges locatifs et conflits avec les propriétaires ;
- Droit du travail et contrats d’embauche ;
- Droit de la famille et questions de succession ;
- Contrats civils et engagements commerciaux.
Avec une pointe d’humour et un ton rafraîchissant qui détonne avec les usages habituels de la profession, la présidente du RIFAV-CI fixe le cap :
« Pas de grand cours magistral. Pas de latin juridique pour impressionner la galerie (flemme 😄). L’idée est plutôt de partir de situations concrètes, de répondre à des questions simples et d’expliquer, avec des mots que tout le monde comprend, ce que dit le droit. »
La vulgarisation comme arme d’émancipation sociale
Pour cette organisation de femmes juristes, la justice ne doit plus rester confinée aux bancs des tribunaux, aux cabinets d’avocats confidentiels ou aux manuels d’étude. Elle doit devenir un outil citoyen du quotidien, accessible d’un simple clic sur smartphone.
En démocratisant le langage juridique, le RIFAV-CI entend redonner aux populations — et en particulier aux plus vulnérables — le pouvoir d’agir et de se protéger face aux abus. Une démarche qui s’inscrit pleinement dans la mission d’intérêt général de l’association, résumée par une formule choc :
« Savoir, c’est déjà mieux se défendre. »
Les premières vidéos de cette série pédagogique seront diffusées dans les prochains jours sur les canaux officiels du RIFAV Côte d’Ivoire. Une initiative très attendue qui prouve qu’en matière de justice, la simplicité est parfois le plus grand acte de droit.

































































