Coralie Eunice Kouamé, une passionnée de communication au service du soin

Coralie Eunice Kouamé, une passionnée de communication au service du soin

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Portrait · Leadership · Femmes qui font Abidjan


Dans les couloirs de la Polyclinique Internationale Sainte-Anne-Marie, on l’appelle simplement « Coralie ». Mais derrière ce prénom, c’est une vision entière de ce que peut être la communication dans le secteur de la santé qui se déploie, méthodiquement, depuis quatre ans.

Coralie Eunice Kouamé est Responsable Communications à la PISAM. Un titre qui pourrait se résumer à des communiqués de presse et des posts Instagram soignés. Ici, à Abidjan, dans l’une des structures médicales les plus réputées de la sous-région, ce rôle a pris une dimension que personne n’aurait entièrement anticipée.


I. — Premier acte

Pour Coralie, la communication et l’accueil représentent les premiers actes de soin

Le mois dernier, Coralie a animé une formation destinée aux équipes d’accueil, aux infirmiers et au personnel soignant de la PISAM. Le thème : « L’excellence dans l’expérience patient et l’accueil. »

Ce qui s’est joué dans cette salle dit quelque chose de profond sur la manière dont Abidjan pense — ou devrait penser — ses institutions de santé.

« L’accueil est le premier acte dans le parcours de soins d’un patient. Avant toute prescription, il y a un regard, une voix, une présence. »
— Coralie Eunice Kouamé · Responsable Communications, PISAM

Pour Coralie, les employés sont les premiers ambassadeurs d’une entreprise et ils se doivent de véhiculer les valeurs de l’institution aux parties intéressées. Dans les hôpitaux d’Abidjan, la qualité technique des soins a fait d’immenses progrès. Mais l’expérience humaine reste souvent le maillon fragile. C’est précisément là que des personnes comme Coralie ont décidé d’intervenir.

4+
Ans à la PISAM
14
Ans d’écriture
9+
Ans en mentoring

II. — Ambassadeurs

Ambassadeurs avant d’être employés

« Au delà d’un salaire, nous nous efforçons d’apporter de la différence dans la vie des gens », a-t-elle résumé devant ses équipes. Une phrase qui sonne comme une conviction profonde.

En parallèle — l’écrivaine, la correctrice, la mentore

Écrivaine depuis 14 ans, correctrice chez Le Correcteur depuis plus de six ans, Motivatrice au sein du Programme REV depuis près d’une décennie — un engagement en leadership qui nourrit, visiblement, tout le reste.

III. — Vocation

La communication comme vocation

« La communication n’est pas qu’un métier, c’est une vocation qui trouve son sens quand elle est partagée. » Dans un secteur encore largement dominé par une logique de visibilité, cette posture tranche.

Coralie Eunice Kouamé animant la session de formation PISAM
Coralie Eunice Kouamé · Session de formation PISAM · Abidjan, 2025

Dans un Abidjan qui se réinvente chaque jour, ce sont ces gestes discrets qui font, en silence, toute la différence.


IV. — En direct

L’interview

Un portrait dit ce que les autres voient. Une interview dit ce que la personne choisit de montrer. Nous avons voulu donner à Coralie Eunice Kouamé ce second espace — celui de la parole directe, sans filtre éditorial. Ce qu’elle en a fait confirme, s’il en était besoin, que la précision n’est pas chez elle une posture. C’est une manière d’être.

Abidjan Magazine : Coralie, vous êtes à la PISAM depuis quatre ans. Comment définiriez-vous votre rôle au quotidien — et en quoi diffère-t-il de la communication dans d’autres secteurs ?

Coralie Eunice Kouamé : La communication en santé a quelque chose de singulier : son objet premier, c’est l’humain dans sa vulnérabilité. Dans d’autres secteurs, on peut se permettre de vendre du rêve, de l’aspiration. Ici, les gens arrivent avec leurs angoisses, leurs douleurs, parfois leur peur du pire. La communication ne peut pas ignorer ça. Elle doit rassurer avant de convaincre, accompagner avant de valoriser. C’est à la fois une contrainte et une immense responsabilité que j’ai appris à aimer.

Abidjan Magazine : Vous avez récemment animé une formation sur « l’excellence dans l’expérience patient ». D’où vous vient cette conviction que l’accueil est un acte médical à part entière ?

C.E.K. : De l’observation, tout simplement. J’ai vu des patients techniquement très bien soignés repartir déçus — parce qu’on ne les avait pas regardés dans les yeux, parce qu’une réceptionniste avait eu un ton sec, parce que l’information avait été mal donnée. Et j’ai vu l’inverse : des situations difficiles apaisées par la seule qualité d’une présence humaine. L’accueil, c’est le premier diagnostic que le patient pose sur l’institution. S’il est raté, tout le reste devient difficile à croire.

Abidjan Magazine : En parallèle de votre travail à la PISAM, vous écrivez, vous corrigez, vous accompagnez des femmes dans des programmes de leadership. Comment tenez-vous tous ces engagements ensemble ?

C.E.K. : Je ne les « tiens » pas — ils se tiennent mutuellement. L’écriture m’apprend la précision et la nuance, que je réinvestis dans chaque message institutionnel. Le mentoring m’oblige à écouter vraiment, à adapter mon discours à l’interlocuteur. La correction m’entraîne à voir ce qui manque, ce qui est en trop. Tous ces rôles parlent la même langue : celle de la communication au service de quelque chose de plus grand que soi. Et honnêtement, c’est cette cohérence interne qui me donne de l’énergie, pas qui m’en prend.

Abidjan Magazine : Un mot pour les jeunes femmes d’Abidjan qui souhaitent s’imposer dans des secteurs aussi exigeants que la santé ou la communication institutionnelle ?

C.E.K. : Choisissez votre combat avec soin, et tenez-vous y avec consistance. On est souvent tentée de multiplier les visibilités plutôt que d’approfondir sa valeur. Mais ce qui impose le respect, dans la durée, c’est la maîtrise et la fiabilité. Soyez la personne sur qui l’on peut compter — dans le contenu, dans le timing, dans le fond. Abidjan a besoin de femmes qui bâtissent, pas seulement qui brillent.

En quittant la PISAM ce soir-là, on emporte surtout ça : l’image d’une femme qui a décidé, très tôt, que la cohérence entre ce qu’on dit et ce qu’on fait n’est pas un luxe. C’est la seule forme de crédibilité qui dure. Coralie Eunice Kouamé le sait. Et Abidjan, visiblement, commence à le savoir aussi.



#Communication · #ExperiencePatient · #Leadership · #PISAM · #CôteDIvoire

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