La sécurité au féminin : comment les femmes policières d’Abidjan changent la lutte contre les violences

La sécurité au féminin : comment les femmes policières d’Abidjan changent la lutte contre les violences

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À Abidjan, des femmes policières apprennent à protéger autrement. Face aux violences basées sur le genre, une journée de formation organisée à l’École de Police change les regards — et peut-être les destins.

Le commissariat comme refuge
Il y a des moments qui basculent en silence. Une femme pousse la porte d’un commissariat. Elle tremble un peu. Elle cherche ses mots. Et puis elle voit — derrière le guichet, sous l’uniforme — une autre femme. Un regard qui ne juge pas. Une voix qui invite à parler. Ce moment-là, minuscule en apparence, peut changer le cours d’une vie.
C’est précisément ce moment que le PNUD Côte d’Ivoire, en partenariat avec la JICA et la Direction Générale de la Police Nationale (DGPN), a voulu protéger et multiplier. À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, une journée de sensibilisation dédiée aux femmes de la Police Nationale a été organisée au cœur de l’École de Police d’Abidjan. L’objectif : leur donner les outils pour mieux prévenir les violences basées sur le genre, mieux accompagner les victimes, et affirmer leur leadership au sein d’une institution longtemps perçue comme un monde d’hommes.

Des violences trop souvent invisibles
Les violences basées sur le genre — VBG dans le langage des institutions — demeurent une réalité préoccupante en Côte d’Ivoire comme partout ailleurs. Elles se produisent dans les foyers, dans les quartiers, dans les espaces que l’on croit familiers. Elles laissent des traces que l’on ne voit pas toujours. Et trop souvent, elles restent sans réponse, faute de confiance dans les institutions censées protéger.
C’est là que le rôle des femmes policières devient stratégique. Car lorsqu’une victime — le plus souvent une femme — ose franchir le seuil d’un commissariat, la personne qu’elle y rencontre en premier peut tout changer. Une policière formée à l’écoute active, sensibilisée aux mécanismes du traumatisme, capable d’orienter sans stigmatiser : c’est un maillon essentiel de la chaîne de protection.

Former, équiper, transformer
La journée de l’École de Police n’est pas un événement isolé. Elle s’inscrit dans un programme plus large que le PNUD mène aux côtés de la JICA et de la Police Nationale : formation de plusieurs milliers de policiers à travers le pays, équipement de dizaines de commissariats, déploiement de plans d’action communautaires. Une transformation en profondeur, qui avance à pas mesurés mais résolus.
L’idée centrale : une police plus proche des populations est une police plus efficace. Et pour être vraiment proche, elle doit ressembler à la société qu’elle sert — dans sa diversité, dans sa mixité, dans sa complexité. Les femmes policières ne sont pas là pour occuper un quota. Elles sont là parce que leur présence change la nature même du service rendu.

Des femmes qui servent et qui inspirent
Elles portent le même uniforme. Elles prêtent le même serment. Mais elles apportent quelque chose de singulier : une capacité de médiation, une proximité dans la prise en charge des victimes, une légitimité particulière dans la confiance que leur accordent les femmes et les enfants en détresse.
Ces femmes en tenue bleue qui ont participé à cette journée de formation ne sont pas seulement des agents de l’ordre. Elles sont, à leur manière, des pionnières. Dans une institution en pleine mutation, elles incarnent ce que la sécurité peut devenir : plus humaine, plus inclusive, plus juste.
La sécurité a un visage féminin à Abidjan. Et ce visage sert, protège — et inspire.

📍 Abidjan — École de Police Nationale
Partenaires : PNUD Côte d’Ivoire • JICA Côte d’Ivoire • DGPN

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