Les causes de la persistance des inégalités de genre en Côte d’Ivoire

Les causes de la persistance des inégalités de genre en Côte d’Ivoire

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La Côte d’Ivoire est l’un des pays du monde où les inégalités entre les hommes et les femmes sont les plus marquées.

Selon l’indice de l’égalité des genres établis par l’ONU la Côte d’Ivoire est 171e (sur 188 pays) et, selon le World Economic Forum, 136e (sur 144 pays). Une étude récente publiée par a Banque Mondiale suggère que la promotion de l’équité homme femmes est un instrument de politique économique efficace susceptible de générer des gains supérieurs à 6 milliards de dollars en Côte d’Ivoire. La prise de conscience de ce problème s’est traduite plus récemment par l’inscription de la parité en termes
d’accès à l’emploi dans l’article 37 de la Constitution de la 3e République adoptée en 2016

Selon un rapport de la Banque Africaine de Developpement, l’évolution de la situation de l’égalité de genre en Côte d’Ivoire est relativement non satisfaisante au regard de la volonté politique affirmée et des moyens déployés dans les programmes de promotion féminine et les initiatives d’appui à l’intégration du genre dans les stratégies nationales et sectorielles.

Ces inégalités de genre persistantes ont un impact négatif considérable sur les résultats de l’action gouvernementale pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement, la croissance économique et la réduction de la pauvreté. Elles sapent les efforts de développement économique et social du pays.

La persistance des inégalités de genre est expliquée par les principaux facteurs suivants :

◗ Insuffisante sollicitation du système judiciaire par les victimes d’inégalités et faible rigueur de
l’application des lois en vigueur;

◗ Maitrise insuffisante des outils d’intégration des questions de genre dans les politiques, plans, programmes de développement et budgets, aussi bien au niveau central que décentralisé. En dépit des efforts en cours; les résultats en matière d’institutionnalisation du genre dans les ministères sectoriels sont insuffisants pour impulser une véritable dynamique et permettre une amélioration des indicateurs sectoriels désagrégés selon le genre;

◗ Absence d’un Observatoire du genre, susceptible de mettre en place les indicateurs permettant d’identifier le degré de l’égalité de genre dans différents domaines, identifier les disparités entre les sexes dans tous les domaines de la vie du pays et proposer des voies de redressement;

◗ Insuffisance voire absence de mesures spéciales en vue de l’accroissement de la participation des femmes dans l’administration publique en particulier à des niveaux de prise de décision
élevés ;

◗ Faible sensibilité de la population aux discriminations et inégalités de genre. Les facteurs culturels, les capacités techniques et les outils d’intégration et d’institutionnalisation du genre sont éminemment importants. Les avancées notées en ce qui concerne le cadre juridique et politique de promotion de l’égalité de genre, et toutes les bonnes initiatives de promotion du genre ne donnent jusqu’à présent que des résultats mitigés et il est à craindre que ceux-ci restent insatisfaisants tant qu’une masse critique de nationaux des secteurs public, privé et de la société civile ne possède les capacités de promotion du genre dans les actes de la vie quotidienne, ce qui pourrait influencer la culture et l’éducation populaire en
ce qui concerne la sensibilité aux inégalités de genre

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