Sur les traces des « tanties bagages » d’Abidjan

Sur les traces des « tanties bagages » d’Abidjan

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Jeudi février2021. Les tanties bagages vahissent le marché Cocovico d’Angré (quartierhtppé d’Abidjan). Ces enfants âgés de 14 ans attendent impatiemment, aux entrées du marché, des bagages à

6 heures. Le jour se lève sur le marché Cocovico. Les premiers commerçants ouvrent les grilles de leurs magasins. Ce ballet sonore retire un vigile de son sommeil. Les vendeuses de vivriers, premières à occuper le marché, installent leurs articles sur des tables de fortune. Des jeunes filles. avec des sachets de couleur bleue en mains se postent aux grandes entrées du marché. Les premiers clients arrivent. en majorité des femmes. Munies de paniers et de sacs. elles sont très vite accueillies par les fillettes qui courent dans tous les sens. se bousculent, crient : Eh ! tantie tantie babages ce qui signifie tantie, donne-moi ton sac pour que je le porte pour toi explique Mariam Koné l’une de ces fillettes. Ces tanties bagages » viennent pour la plupart d’Abobo (commune populaire d’Abidjan) et des sous-quartiers d’Angré.

“Je me réveille à 5 heures du matin pour venir, car j’habite Abobo explique Nadia Bamba avec sa drôle de chevelure décoiffée à moitié. Elle n’a que 10 ans. « Je fais ce travail pour aider ma maman”  ajoute-t-elle avant de s’attraper la première offre de bagages de la journée. Nadia accompagne la dame. cuvette sur la tète pour faire ses emplettes. 

 

À la fin des achats. la fillette gagne entre 200 et Il y a deux types de tanties bagages ». Celles qui accompagnent les clientes du début jusqu’à la fin de leurs courses et celles qui portent juste les bagages pour les faire sortir du marché. La deuxième catégorie gagne peu (entre 25 et 100 FCFA par -tantie“). La première celle de Nadia, gagne entre 200 et 300 FCFA.

Ces enfants. filles mais aussi garçons n‘ont pas la chance d’être scolarisés le plus souvent Orphelins pour certains. issus de milieux pauvres pour d’autres. ces enfants doivent se donner les moyens pour survivre. “J‘ai perdu mon père et ma maman n’a pas l’argent, je vis chez ma tante. Si je ne travaille pas. je n’aurai rien à manger. Je viens au marché charger les bagages et le soir, je peux gagner 2000 FCFA ou plus” relate avec tristesse Safiatou Ouattara. 12 ans.

 

Les tanties. à qui elles offrent leurs services profitent bien de cette main-d’œuvre » bon marché. « Avec ses fillettes, on se fatigue peu à faire le marché. Ce n’est pas facile de porter son paquet, le déposer à chaque achat et le reprendre révèle Yoboué Marguerite, restauratrice. Les tanties bagages sont très utiles. J’ai un bébé au dos et sans leur aide. il me serait difficile de porter tout ça explique Agnès Koffi. en indiquant de la main deux sacs de légumes.

Rapprochés par cette activité, ces enfants-travailleurs vivent comme une famille. À l’heure du déjeuner ils se cotisent pour s’offrir des plats. Entre midi et deux, nous mangeons et nous nous reposons un peu parce qu’il n’y a plus trop de clients nous raconte Anne N’Guessan, 14 ans la plus âgée du groupe.

Un Reportage d’Hermann Adjoumani

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Anabelle

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