Déguerpissement autour de l’aéroport d’Abidjan, l’opération lancée

Déguerpissement autour de l’aéroport d’Abidjan, l’opération lancée

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Les expulsions des habitants vivant près de l’aéroport d’Abidjan ont commencé jeudi pour créer un périmètre de sécurité après la découverte le 8 janvier du corps d’un enfant dans le train d’atterrissage d’un avion Abidjan-Paris à Roissy, a constaté un journaliste de l’AFP.

Encadrés par un important dispositif policier, les bulldozers ont commencé à détruire des zones à l’ouest de l’aéroport, rasant notamment le village de Aérocanal qui comptait plusieurs centaines d’habitants.

Après le passage des bulldozers à Aérocanal, le quartier qui jouxte l’aéroport Houphouët-Boigny, à Abidjan, le 23 janvier 2020.
Après le passage des bulldozers à Aérocanal, le quartier qui jouxte l’aéroport Houphouët-Boigny, à Abidjan, le 23 janvier 2020. ISSOUF SANOGO/AFP

Après les destructions, des familles entières se disent sans solution. Certaines ont déjà repositionné les fauteuils sur la dalle en béton, prêtes à passer la nuit là. D’autres finissent d’empaqueter leurs affaires pour aller chez un ami, un cousin. « Je suis très, très choqué, poursuit M. Sinkoudouma, les yeux rouges. Les femmes sont là, les enfants sont là, ils sont tous dehors. On n’a pas d’argent, on ne sait pas où aller, tout est trop cher. »

« Lundi, ils (des fonctionnaires) ont dit qu’ils allaient détruire uniquement les maisons sur le bord de route. Ils détruisent tout le village. Ils nous ont donné deux heures pour sortir nos affaires  »

L’Etat a pris tout le monde de cours. A l’origine, c’est le quartier d’Adjouffou, où vivent environ 25 000 personnes, qui devait être rasé en premier. Le lieu, première zone d’habitation survolée par les avions en partance, est aujourd’hui presque désert. « Tout le monde est parti, il n’y a presque plus rien, plus de portes, plus de toits. Les propriétaires revendent, les autres conservent pour reconstruire ailleurs, explique Hassan Kanga, l’un des jeunes résidents. On nous avait dit qu’ils viendraient vite, alors on a tout fait dans l’urgence. »

La mort du jeune Laurent Barthélémy Ani Guibahi, retrouvé le 8 janvier dans le train d’atterrissage d’un avion à Roissy, a ému tout le pays, mais certains se sont aussi inquiétés des mesures de sécurité autour de l’aéroport d’Abidjan dans un pays sous la menace djihadiste. La Côte d’Ivoire a été touchée par un attentat en mars 2016 (19 morts) dans la station balnéaire de Bassam proche de l’aéroport.

Selon les premiers éléments de l’enquête, l’enfant de 14 ans a escaladé un mur de l’aéroport puis s’est accroché aux roues de l’avion juste avant le décollage.

La semaine dernière, les autorités ont annoncé “la création d’un périmètre de sécurité, une bande de 200 mètres” tout autour de la clôture de l’aéroport pour éviter toute nouvelle intrusion sur le tarmac.

Des milliers de personnes vont être expulsées. Parmi les zones qui vont être rasées, le quartier d’Adjouffou qui compte environ 25.000 habitants, des écoles, des commerces et de lieux de culte.

Après le passage des bulldozers à Aérocanal, le quartier qui jouxte l’aéroport Houphouët-Boigny, à Abidjan, le 23 janvier 2020.
Après le passage des bulldozers à Aérocanal, le quartier qui jouxte l’aéroport Houphouët-Boigny, à Abidjan, le 23 janvier 2020. ISSOUF SANOGO/AFP

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Anabelle