Abidjan Street Act | Street Artists et NouchiA(rt), engagés au Musée des Cultures Contemporaines Adama Toungara (MUCAT)

Abidjan Street Act | Street Artists et NouchiA(rt), engagés au Musée des Cultures Contemporaines Adama Toungara (MUCAT)

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Un air de coin de rue. Un lampadaire, source d’un branchement anarchique qui alimente en électricité un « Gbata » (abri, demeure, planque), un bistrot, une ruelle, etc. Projection dans le « Ghetto 2 la joie » avec Abidjan Street Act. Une scénographie signée Amédé Régis Mulin.
Panneaux de signalisation ou d’indication tagués « Zifu », un sens interdit du code la route qui devient, conceptuellement, tel un point d’exclamation, c’est selon. Y voir, dans le fond, une toile, peinte avec du spray et des feutres (Zifu) ou mêlant spray, acrylique sur panneaux, signé Koun. Koun, c’est Koungolo (la tête, en bambara – extension faite au nouchi). Évidence, l’artiste Koun conscientise à travers ses graffitis.
Abidjan Street Act offre le décor urbain de ce qui passe, peu ou prou, inaperçu mais d’une grande intrigue tant l’expression est, souvent, un code (RN DFF TR). Tags, graffitis sur des murs par ci ou tôles et planches par là qui interpellent, en nouchi, la conscience : Fo pa te cha (non à la dépigmentation), 100 Bakro (Éveil), Tout abus nuit, etc. Des signatures : Zipa, Zifu ou Royal Team Zifu, JB, Deve… Eux, ce sont les Street artists (artistes de la rue) qui, dans un travail collectif, ont tagué un mini-car (Gbaka) exposé au MUCAT et partie prenante de l’exposition.
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“C’est nous la rue”, marquent-ils le(ur) territoire – de façon légale ou avec vandalisme – l’espace urbain transposé au MUCAT, le temps de l’exposition. Abidjan Street Act qui court jusqu’au 5 Septembre 2021, chaque 20 jours, les street artists rehabilleront le mini-car d’expressions artistiques nouvelles.
Cette rue et ces véhicules de transport ou de particuluers, support des Street artists, est le cœur de ladite exposition au Musée des cultures Contemporaines Adama TOUNGARA, à Abobo. Acte 1 d’une exposition nommée « Abidjan Street Act » qui donne sens à un art avec ses acteurs (devenus) célèbres mais aussi grand anonymes, la bombe sous le manteau, les nuits.
De la rue au musée, ces artistes (de rue), comme certaines le prétendent, ne dégradent nullement les murs auxquels ils “s’attaquent” mais, participent à donner vie à un espace urbain trop souvent silencieux.
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De Basquiat (Jean-Michel) à Bansky (encore inconnu mais célèbre) en passant par Zifu (anonyme graffeur des métros européens et de la rue abidjanaise), le street art n’est pas un art mineur. Bien plus, il est un art engagé qui défie le temps.
A Abidjan, si certains exposent déjà en galerie leurs toiles (Djeka, Albéric, Obou, Aboudia, Yseult), d’autres n’ont que la rue et ses murs comme cimaises, moyen d’expression et de revendication. Parmi ces signatures au visage inconnu, il y a en a qui sont à leur première exposition.
Zipa, qui se réclame graffeur vandale, se réjouit de cette première au MUCAT. De la mise en valeur du nouchi – moyen d’expression ou du NouchiYa (façon de faire), Zipa invite les nouchis, mis en valeur par ce qu’il convient d’appeller Nouchi-ART, à Abidjan Street Act. Sur le street art, le peintre Alberto admet: “C’est un art d’engagement, de dénonciation et de combat qui fait son bonhomme de chemin en Côte d’Ivoire”.
May be an image of 1 person and outdoorsAussi, le street art, c’est la musique urbaine. Le tout faisant un
Koné SAYDOO
farafinet
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